Durée maximale de la garde à vue : calculateur gratuit 2026

Garde à vue : combien de temps ? 24h, 48h, 96h, 144h | Me Charles Evrard, Nancy

Combien de temps votre proche peut-il être retenu en garde à vue ? Calculez la durée légale (24h, 48h, 96h ou 144h) et ses droits. Me Evrard, avocat pénaliste 7j/7.

Garde à vue : combien de temps ?

Combien de temps votre proche peut-il être retenu en garde à vue ? La durée légale dépend de l'infraction reprochée et de l'âge de la personne : 24h, 48h, 96h ou 144h. Calculez la durée maximale légale et estimez l'heure de sortie.

Durée maximale de garde à vue par régime applicable

Le tableau ci-dessous récapitule les durées maximales légales pour chaque régime de garde à vue ou de retenue judiciaire en France, selon le profil de la personne et l'infraction reprochée. Sources : Code de procédure pénale (CPP) et Code de la justice pénale des mineurs (CJPM).

Régime Durée initiale Prolongations Durée max Autorité Source
Majeur — Délit ou crime de droit commun (vol, violence, escroquerie, viol, meurtre…)24h+24h48hProcureur de la RépubliqueCPP art. 62-2, 63
Majeur — Criminalité organisée (trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, proxénétisme aggravé…)48h2 × 24h96hJuge des Libertés et de la Détention (JLD)CPP art. 706-73, 706-88
Majeur — Terrorisme (actes terroristes, financement, association de malfaiteurs terroriste…)48h4 × 24h144hJLD (autorisations successives)CPP art. 706-88, 706-88-1
Mineur de moins de 10 ansAucune garde à vue ni retenue judiciaire légalement possible. Seules des mesures de protection ou d'assistance.CJPM
Mineur 10-13 ans — Retenue judiciaire (crime ou délit puni d'au moins 5 ans)12h+12h24hMagistrat spécialisé (présentation obligatoire)CJPM art. L.413-8
Mineur 13-16 ans — Droit commun24h+12h36hProcureur ou juge d'instruction (présentation obligatoire)CJPM art. L.413-6, L.413-10
Mineur 13-16 ans — Criminalité organisée48h2 × 24h96hJLD (présentation obligatoire à chaque prolongation)CJPM art. L.413-11 / CPP art. 706-73
Mineur 16-18 ans — Droit commun24h+24h48hProcureur de la RépubliqueCJPM art. L.413-6 / CPP art. 62-2
Mineur 16-18 ans — Criminalité organisée48h2 × 24h96hJLDCPP art. 706-73, 706-88

Quand commence le décompte de la garde à vue ?

La garde à vue commence à l'heure de la privation effective de liberté, et non à l'heure d'arrivée au commissariat ni à l'heure de notification des droits. Une personne interpellée à 15h00 et conduite au commissariat à 16h00 voit sa garde à vue débuter à 15h00, conformément à l'article 63 du Code de procédure pénale et à la jurisprudence constante de la Cour de cassation.

En matière de contrôle routier (conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants), le point de départ est l'heure du test. Le temps de transport entre le lieu d'interpellation et les locaux de police, ainsi que les heures de nuit, sont intégralement comptabilisés dans la durée totale.

Vos droits pendant la garde à vue

  • Être informé de la nature et de la date de l'infraction reprochée (art. 63-1 CPP)
  • Faire prévenir un proche ou son employeur dès le début de la mesure
  • Être examiné par un médecin à tout moment
  • S'entretenir avec un avocat dès la première heure, pour 30 minutes d'entretien confidentiel (art. 63-4 CPP)
  • Garder le silence — aucune obligation de répondre aux enquêteurs
  • Bénéficier d'un interprète si nécessaire
  • Pour les mineurs : présence de l'avocat obligatoire aux interrogatoires, information des parents obligatoire

Que se passe-t-il après une garde à vue ?

Plusieurs suites sont possibles à l'issue d'une garde à vue : classement sans suite (libération sans charges, aucune mention au casier judiciaire), convocation par officier de police judiciaire (COPJ) pour comparaître à une date ultérieure devant le tribunal, déferrement au parquet pouvant mener à une comparution immédiate le jour même, mise en examen devant un juge d'instruction avec contrôle judiciaire, ou détention provisoire ordonnée par le JLD pour faits graves ou risque de fuite.

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Me Charles Evrard — Avocat pénaliste au Barreau de Nancy. Cabinet exclusivement dédié au droit pénal pour personnes physiques et morales. Intervention sur toute la France, en particulier dans le Grand Est.

Sources : Code de procédure pénale (art. 62-2 à 74-2, 706-73, 706-88, 706-88-1) · Code de la justice pénale des mineurs (art. L.413-6 et suivants) · Jurisprudence de la Cour de cassation, chambre criminelle · Répertoire Lefebvre Dalloz.

Outil indicatif uniquement — Ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit.

Un proche a été interpellé. Vous voulez savoir jusqu'à quand il peut être retenu, et à quelle heure il sortira au plus tard. La durée de la garde à vue n'est pas négociable : elle est strictement encadrée par le Code de procédure pénale. Le moindre dépassement peut entraîner la nullité de la procédure. Je suis Charles Evrard, avocat pénaliste à Nancy. J'interviens en urgence sur toute garde à vue, 24h/24, 7j/7.

À retenir

  • Droit commun : 24h renouvelable une fois sur autorisation du Procureur, soit 48h maximum.
  • Criminalité organisée (art. 706-73 CPP) : jusqu'à 96h sur autorisation du JLD.
  • Terrorisme : jusqu'à 144h, sur autorisations successives du JLD (art. 706-88-1 CPP).
  • Le décompte court à compter de la privation effective de liberté, pas de la notification des droits.
  • Toute irrégularité de durée ou de notification peut justifier une demande de nullité.

I. Quand commence réellement le décompte

C'est la première question que je traite quand je suis appelé en urgence : à quelle heure exacte la garde à vue a-t-elle commencé ? La réponse détermine tout. Une heure mal consignée, et la procédure peut basculer.

Le point de départ légal est l'heure de privation effective de la liberté d'aller et venir (CPP, art. 63). Pas l'arrivée au commissariat. Pas la notification formelle des droits. L'instant où la personne ne peut plus partir librement.

Concrètement :

  • Interpellation dans la rue à 15h00, arrivée au poste à 16h00 : la garde à vue a commencé à 15h00. Elle se termine au plus tard à 15h00 le lendemain.
  • Contrôle routier avec test d'alcoolémie ou de stupéfiants : le décompte court à compter du test, pas du transport au poste.
  • Placement en cellule de dégrisement à 22h00 : la garde à vue se termine à 22h00 le lendemain, même si la notification officielle a eu lieu plus tard.

Le temps de transport, les heures de nuit, l'attente en cellule, tout entre dans le décompte. Aucune suspension n'est admise. La Cour de cassation applique cette règle de rétroaction de manière constante.

Ce que je vérifie systématiquement

Quand je consulte le procès-verbal, je vais immédiatement chercher l'écart entre l'heure d'interpellation et l'heure de notification des droits. Un décalage de quelques minutes est normal : les policiers sécurisent les lieux, vérifient l'identité, transportent la personne. Un décalage de plusieurs heures sans justification matérielle est suspect, et peut être attaqué.

Une jurisprudence à retenir : par arrêt du 22 novembre 2023 (n° 23-80.575), la chambre criminelle de la Cour de cassation a jugé que « les propos tenus par une personne placée en garde à vue avant que son droit de garder le silence lui ait été notifié ne peuvent être retranscrits ». La décision est intervenue sur un pourvoi contre un arrêt de la chambre de l'instruction de Nancy. Tout ce que votre proche aurait dit avant cette notification, même spontanément, même à un enquêteur qui n'a posé aucune question, doit être annulé.

II. Les prolongations : qui décide, à quel moment

La garde à vue de droit commun dure 24 heures. Le procureur peut autoriser une prolongation de 24 heures supplémentaires, par décision écrite et motivée, à condition que l'infraction reprochée soit punie d'au moins un an d'emprisonnement (CPP, art. 63 II). C'est le régime de la quasi-totalité des dossiers que je rencontre : vols, violences, escroqueries, infractions routières graves.

Au-delà de 48 heures, le régime change radicalement. On ne reste dans une garde à vue prolongée que si l'on est dans le périmètre des articles 706-73 et suivants du Code de procédure pénale, c'est-à-dire la criminalité organisée. Dès lors, c'est le juge des libertés et de la détention qui autorise chaque prolongation, et non plus le procureur. Le contrôle judiciaire est plus rigoureux : présentation effective de la personne, examen du dossier, motivation détaillée.

Les motifs de durées dérogatoires

Chaque prolongation doit être justifiée par les nécessités précises de l'enquête. Le seul fait que l'infraction soit grave ne suffit pas. Quand je conteste une prolongation, c'est sur ce point que je travaille en priorité : quelle audition restait à mener ? quel acte d'enquête imposait de garder la personne ?

III. Quand le gardé à vue est mineur

Le Code de la justice pénale des mineurs (CJPM), entré en vigueur en 2021, distingue plusieurs tranches d'âge. Beaucoup de proches l'ignorent, et je dois rappeler ces règles dès le début de chaque dossier impliquant un mineur.

  • Moins de 10 ans : aucune mesure de contrainte n'est légalement possible. Si un enfant est retenu par les forces de l'ordre, il faut intervenir immédiatement.
  • 10 à 13 ans : pas de garde à vue, mais une retenue judiciaire (CJPM, art. L.413-8), limitée à 12 heures renouvelables une fois, soit 24 heures maximum. L'infraction doit être punie d'au moins 5 ans d'emprisonnement.
  • 13 à 16 ans : garde à vue de 24 heures, prolongeable de 12 heures seulement (et non 24h comme pour les majeurs), avec présentation obligatoire au magistrat.
  • 16 à 18 ans : régime aligné sur celui des majeurs (48h en droit commun, 96h en criminalité organisée).

Dans tous les cas impliquant un mineur, deux règles sont impératives : présence obligatoire de l'avocat aux interrogatoires (CJPM, art. L.413-9), et information immédiate des parents. Toute audition menée sans avocat alors que ces dispositions s'imposaient est nulle.

IV. Pourquoi cette heure légale compte autant

Connaître l'heure de fin maximale, ce n'est pas seulement attendre la sortie. C'est tenir un compteur de sécurité.

Si à 24 heures pile, votre proche n'est ni libéré, ni informé d'une prolongation régulièrement motivée, il y a irrégularité. Si à 48 heures, il est encore retenu sans que le procureur ait formellement prolongé, il y a irrégularité. Si à 96 heures dans un dossier criminalité organisée, le JLD n'est pas intervenu, il y a irrégularité. Et toute irrégularité de cette nature peut, plus tard, entraîner la nullité de la procédure, c'est-à-dire l'effondrement des actes accomplis pendant cette garde à vue irrégulière : auditions, perquisitions, expertises.

Dans ma pratique, je vois régulièrement des procédures où le dépassement n'est que de quelques dizaines de minutes. Cela suffit. Le calcul est strict, sans tolérance. C'est aussi pour cela que le calculateur en haut de cette page a été conçu : vous permettre, à toute heure du jour ou de la nuit, de savoir si la durée légale a été respectée.

Ce que je fais quand je suis saisi

  1. Je vérifie l'heure exacte d'interpellation au procès-verbal et je la confronte à l'heure de notification des droits.
  2. Je relève chaque acte d'enquête et son horodatage, pour repérer un éventuel dépassement.
  3. Je conteste, le cas échéant, la motivation de la prolongation : un courrier-type ou une décision laconique ne suffit pas.
  4. Je m'assure que tous les droits ont été notifiés et exercés effectivement : avocat dès la 1re heure, médecin, information d'un proche, interprète.
  5. Si une irrégularité est constatée, je prépare la requête en nullité, à présenter devant la chambre de l'instruction ou au moment du jugement.

Les erreurs procédurales que je rencontre régulièrement

Une garde à vue n'est pas toujours irréprochable. Voici les irrégularités les plus fréquentes que j'identifie en lisant les procès-verbaux. Aucune ne suffit forcément à elle seule à faire tomber un dossier, mais accumulées, elles constituent un terrain solide pour une stratégie de nullité.

  • Décalage non justifié entre interpellation et notification : un délai d'une ou deux heures sans motif matériel apparent fait peser un doute sur la régularité du début de la mesure.
  • Notification du droit au silence omise ou retardée : la jurisprudence est claire depuis l'arrêt du 22 novembre 2023, toute déclaration recueillie avant cette notification est inexploitable. Les enquêteurs continuent pourtant à consigner régulièrement des « déclarations spontanées » qui n'auraient jamais dû figurer au dossier.
  • Décision de prolongation motivée par formule type : « les nécessités de l'enquête imposent la prolongation » n'est pas une motivation. Le procureur doit indiquer concrètement quels actes restent à accomplir.
  • Examen médical refusé sans motif : la personne gardée à vue peut demander un médecin à tout moment. Un refus ou un délai déraisonnable fait grief.
  • Audition de mineur sans avocat : la nullité est quasi automatique. Pourtant je vois encore des procès-verbaux d'audition de jeunes de 16-17 ans menées sans la présence de l'avocat, sur la base d'un consentement vicié.

Aucun cabinet ne peut promettre une nullité, et je ne le ferai jamais. Mais une lecture attentive du dossier par un pénaliste permet, dans une part significative des affaires, de soulever des irrégularités sérieuses. Encore faut-il que cette lecture intervienne tôt, idéalement dès la garde à vue, pour que je puisse fixer ma stratégie en assistant aux auditions.

Pourquoi appeler un avocat dès la première heure

Le droit à l'entretien de 30 minutes avec un avocat dès le début de la garde à vue (CPP, art. 63-4) n'est pas un service annexe : c'est l'arme principale de la défense. Pendant ces 30 minutes, j'évalue la nature de l'infraction, je conseille la personne sur l'opportunité de parler ou de se taire, je relève déjà les premiers points d'attention sur la régularité de la procédure.

Si l'avocat n'est appelé qu'après les premières auditions, une partie de la défense est déjà compromise. Des déclarations ont été faites, des positions ont été prises, parfois contradictoires. Le travail devient curatif au lieu d'être préventif.

Pour aller plus loin

L'auteur

Me Charles Evrard est avocat au Barreau de Nancy, exerçant exclusivement en droit pénal pour personnes physiques et morales, auteurs ou victimes d'infractions. Il intervient sur l'ensemble du territoire français, et plus particulièrement dans la région Grand Est, à toutes les étapes de la procédure : garde à vue, instruction, jugement, exécution des peines. Permanence d'urgence pénale 24h/24, 7j/7.

Cet article a une vocation strictement informative. Il ne constitue pas une consultation juridique et ne remplace pas l'avis personnalisé d'un avocat dans le cadre d'un dossier précis. Pour toute situation concrète, contactez un avocat pénaliste.

Combien de temps dure une garde à vue ?

La durée standard d'une garde à vue est de 24 heures, renouvelable une fois sur autorisation du Procureur de la République, soit 48heures maximum pour un délit ou un crime classique. Pour les infractions relevant de la criminalité organisée, la durée maximale est de 96 heures (4jours). Pour les faits de terrorisme, elle peut exceptionnellement atteindre144 heures (6 jours) en cas d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.

Qui autorise la prolongation d'une garde à vue ?

Pour  les délits et crimes courants, la prolongation est autorisée par le Procureur  de la République. Pour les régimes spéciaux (criminalité organisée,  terrorisme), les prolongations au-delà de 48h nécessitent l'intervention du Juge des Libertés et de la Détention (JLD). Toute prolongation non régulièrement autorisée peut être contestée par l'avocat.

Peut-on appeler un avocat pendant une garde à vue ?

Oui.  Toute personne placée en garde à vue a le droit de s'entretenir avec un  avocat dès la première heure, pour une durée de 30 minutes. Cet entretien est confidentiel. Si votre proche n'a pas d'avocat, un avocat commis d'office  peut être désigné gratuitement via le barreau. Contacter directement un avocat pénaliste avant la commission d'office est cependant fortement recommandé.

Votre proche est-il obligé de parler pendant la garde à vue ?

Non.  Toute personne en garde à vue a le droit de garder le silence (art. 63-1  CPP). Elle n'est pas obligée de répondre aux questions des enquêteurs. Ce  droit doit lui être notifié dès le début de la GAV. Dans la grande majorité  des cas, il est conseillé de ne rien déclarer sans avoir au préalable consulté un avocat.

Que se passe-t-il après une garde à vue ?

Plusieurs suites sont possibles : classement sans suite (libération sans charges), convocation par officier de police judiciaire (COPJ) pour comparaître à une date ultérieure, déferrement au parquet pouvant mener à une comparution immédiate, mise en examen devant un juge d'instruction, ou détention provisoire ordonnée par le JLD. La présence d'un avocat dès la GAV peut influencer directement la suite donnée à la procédure.